Proposition de classement d’outils existant dans le but de simplifier leur

Dans le document 2015 — Contribution à la recherche d'outils de mise en place d'une démarche d'écoconception au sein des entreprises pour une meilleure appropriation (Page 66-71)

CHAPITRE 2 DIFFICULTÉ D’INTÉGRATION DE L’ÉCOCONCEPTION AU SEIN

2.7 Proposition de classement d’outils existant dans le but de simplifier leur

Afin d’identifier les lacunes et les limites des outils actuels, nous avons analysé les outils identifiés comme outils d’écoconception et d’éco-innovation dans l’état de l’art actuel de la littérature scientifique.

En dehors des PME qui ne font pas de conception de produits, ainsi que d’autres non concernées par la réglementation environnementale des produits, les causes d’échec de l’application de l’écoconception dans les PME ne peuvent être attribuées à ces dernières seules. Des lacunes propres aux outils développés en dehors du milieu industriel existent, en particulier dans la prise en charge de la dimension sociale (utilisateur) et l’intégration ou l’appropriation au sein de l’entreprise.

Beaucoup d’outils ont été développés dans le but d’aider les concepteurs à évaluer et à prendre en considération l’impact environnemental dans la conception de produits et services et ce, tout au long du cycle de vie. Les ACV ont acquis une notoriété, notamment dans l’évaluation des impacts. Malheureusement l’utilisation reste limitée à cause de la lenteur d’exécution d’une part et la qualité des données ou la limitation à l’accès dans certains cas et surtout l’appréhension par les PME à cause que des experts doivent être de la partie. C’est dans cette optique qu’il faudra travailler afin de préserver la validité scientifique de cet outil et rechercher des méthodes d’appropriation et d’intégration facile au niveau des entreprises.

Les outils donnés dans la littérature intègrent parfaitement la dimension environnementale du produit, en particulier à travers la notion centrale de cycle de vie du produit. Elle n’offre par contre, aucune aide quant à une réflexion sur la dimension sociale du produit, son impact sur l’utilisateur, ni l’appropriation des outils par les entreprises.

C’est peut être, pour une de ces raisons qu’après une revue de toutes les méthodes existantes, dans le cas de notre recherche bibliographique, nous nous sommes demandés, quelle était la meilleure façon de classer ces outils, puis choisir les plus faciles d’appropriation sans perdre de vue leur validité scientifique. Cette classification tient compte des hypothèses que nous avons jugées être pertinentes et qui sont reproduites sur le Tableau 2.1.

L’échelle de niveau, basée sur le degré d’appropriation par l’utilisateur est divisée en 5 (niveau 0 à 4) allant de l’ignorance à une échelle qui exige de l’expertise et des connaissances approfondies.

Tableau 2.1 Propositions de différents niveaux d’intégration par analogie à l’échelle Tirée de (Tukker, 2000)

Niveau Analogie à

l’échelle Force de l’outil Facilité d’intégration 0 Ignorance Pas d’évaluation mais présente une

préconisation Intégration à la portée des utilisateurs 1 Intéressement Évaluation qualitative avec

préconisation Intégration à la portée des utilisateurs assez documentés

2 Compréhension quantitative avec préconisation Évaluation qualitative et Intégration moyenne et nécessitant des données

3 Compétence Évaluation qualitative sans préconisation Intégration nécessitant données et expertise

4 Connaissances

À chaque niveau, la force de l’outil est évaluée. Il en résulte deux grandes familles : - Des outils de préconisation.

- Des outils d’évaluation.

Les outils de la première catégorie peuvent se baser, en général sur une évaluation pour certains d’entre eux, mais cette évaluation peut être non nécessaire pour d’autres. Les outils d’évaluation qualitatifs ou quantitatifs, dont la facilité d’intégration est moyenne peuvent aller jusqu’à la préconisation des solutions.

Les outils qui font appel à des données, des moyens et de l’expertise peuvent se limiter à l’évaluation qualitative ou quantitative. Les outils d’écoconception généralement utilisés, avec un classement selon la facilité d’intégration, sont donnés sur la Figure 2.3.

À l’issue de cette classification, nous avons opté de travailler sur des outils de préconisation basés sur l’utilisation d’une matrice sous forme d’une ACV simplifiée pour guider le concepteur (Figure 2.3). Ce choix étant justifié :

- Pour éviter d’utiliser des données chiffrées difficiles d’acquisition en général; - Tenir compte de l’évaluation multicritère et globale mais simplifiée;

- Compléter l’évaluation par une méthode de préconisation pour orienter le concepteur.

D'un point de vue conceptuel, l'intégration de la contrainte environnementale dans le processus de conception ne pose pas de problème méthodologique. La démarche peut être analogue à l’introduction de toute nouvelle contrainte et s’articule sur une :

- Évaluation de la qualité environnementale du produit à travers une analyse de l’existant.

- Recensement des facteurs d'impacts environnementaux. - Proposition de solutions.

Nous avons choisi de travailler avec un outil d’écoconception pour la préconisation de solution (ACV simplifiée) et un outil de préconisation de solution comme support au précédent dans le cadre d’une solution éco-innovante.

Niveau Intégration Objectif outil Type évaluation Outil

0 A la portée des Utilisateurs 1 A la portée des Utilisateurs Documentés 2 Moyenne avec données 3 Exige données et expertise 4 Exige données, Expertise et Temps

Figure 2.3 Classification des outils par degré d’intégration. Préconisation Evaluation Qualitative Quantitative Checklist Lignes Directrices Guides, Normes ESQCV,Indice écologique,EDP ACV simplifiée, Ecomat Matrice ERPA MET,MECO DFR,DFD TRIZ Ecoestimator Bilan Environnemental emballage Bilan carbone Eau ACV complète Bilan produit

Difficulté d’a

pp

ro

p

ri

ati

on croiss

ant

e

Synthèse

Après avoir mis l'accent sur l'état de la recherche dans ce domaine, notre démarche de recherche d’outil d’écoconception adapté est basée sur la mise en œuvre des points suivants :

- La recherche d'outils nouveaux ou existants par possibilité d’adaptation aux entreprises pour une meilleure appropriation;

- L'optimisation pendant la période de conception en améliorant la qualité des données pour de meilleurs résultats;

- Aider le concepteur ou l’entreprise à l’appropriation ou le choix parmi le ou les outils proposés.

Cette façon de procéder pourra aider le concepteur et encourager l’entreprise à choisir une démarche et atteindre un niveau d’écoconception à la hauteur des moyens dont elle dispose. Une application simplifiée globale et multicritère peut être proposée aux équipes de conception sous forme d’un guide méthodologique. C’est d’ailleurs, l’objectif ultime de cette recherche.

De plus l’évaluation résultante par utilisation de l’outil peut mettre l’utilisateur dans une situation difficile lors du choix de conception, notamment s’il s’agit de deux solutions contradictoires. Dès lors, il faudra une solution sans compromis. C’est ce qui justifie notre choix de la méthode des principes inventifs TRIZ qui pourra être mise à profit pour lever la contradiction.

À ce stade, il sera utile, avant tout, de rappeler quelques outils d’éco-innovation utilisés jusqu’ici. C’est l’objet du chapitre suivant.

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